MP-04Modelage et pâtes
Poncer et vernir une pièce en pâte polymère cuite
Après le four, la pâte polymère n'est pas finie : le ponçage des traces de doigts, le polissage, et le vernis, seulement quand l'usage l'exige.
Éprouvée le · M. Rochant, animatrice d'atelier · relue par L. Vidal

Une pièce en pâte polymère qui sort du four est cuite, mais elle n'est pas finie : les traces de doigts, les petites bulles d'air et les marques du support de cuisson restent visibles tant que personne n'y a passé le papier abrasif. La fiche de cuisson dit qu'il faut attendre le froid avant de toucher la pièce ; celle-ci dit ce qu'on en fait une fois froide.
Le ponçage, à l'eau et par grains croissants
La pâte polymère cuite se ponce à l'eau, parce que le ponçage à sec projette une poussière fine qu'il vaut mieux ne pas respirer, alors que l'eau la retient et rince le grain au fur et à mesure. On commence à un grain moyen, autour de 400, pour effacer les traces franches, puis on monte par étapes jusqu'à 1000 ou 1200 pour le poli fin, chaque grain effaçant les rayures du grain précédent. La pièce se ponce sous un mince filet d'eau courante ou dans un bol, le papier abrasif trempé lui aussi.
Ce que le ponçage révèle, et ce qu'il ne corrige pas
Le ponçage révèle les défauts de cuisson avant qu'un vernis ne les scelle : une pièce sous-cuite reste friable et s'ébrèche sous le papier abrasif, signe qu'elle doit retourner au four avant toute finition. Une pièce bien cuite poncée à l'eau donne une surface mate et uniforme, sans trace, prête pour le polissage. Le ponçage n'efface pas une bulle d'air profonde ni une fissure de cuisson, qui restent visibles même après le grain le plus fin : ces défauts se corrigent avant cuisson, pas après.
Le polissage, à sec sur tissu ou à la pâte
Après le dernier grain à l'eau, le polissage se fait à sec, au tissu doux, un morceau de jean ou de coton, en frottant vif pour lisser la surface et faire monter son brillant. Une pâte à polir douce, appliquée au chiffon, accélère ce brillant sur les pièces qui en ont besoin, bijoux et surfaces lisses surtout. Le polissage seul donne un fini satiné à brillant qui ne demande aucun produit supplémentaire, et beaucoup de pièces d'usage courant, boutons, figurines décoratives, s'arrêtent là.
Le vernis, seulement quand l'usage l'exige
La pâte polymère cuite est déjà lavable et résistante sans vernis : le vernis n'est pas une étape obligatoire, c'est une réponse à un usage précis. Il sert quand la pièce porte une peinture acrylique ou une poudre métallisée appliquée après cuisson, qu'il faut fixer et protéger ; quand la pièce sera manipulée souvent, bijou porté, poignée d'objet ; ou quand l'usage demande un brillant que le polissage seul ne donne pas. Le vernis se choisit spécifique à la polymère : un vernis généraliste mal choisi peut rester collant durablement sur certaines marques de pâte, une réaction connue entre certains vernis et certains plastifiants de la pâte.
Le vernis, posé sans trace
Le vernis se pose en couche fine au pinceau plat à poils souples, qui ne laisse pas de peluches, jamais en couche épaisse qui coule et marque des bourrelets en séchant. Deux couches fines valent mieux qu'une couche épaisse, avec un temps de séchage complet entre les deux, selon le temps indiqué par le fabricant. La pièce vernie sèche posée sur un support qui ne la touche pas, cure-dents planté dans une base de mousse ou pièce suspendue, pour qu'aucun point de contact ne colle au vernis encore frais.
Les traces qui trahissent une mauvaise finition
La pièce brillante par endroits et mate ailleurs a été poncée inégalement, un grain sauté ou un temps de ponçage trop court sur une zone. La pièce collante plusieurs jours après vernissage a reçu un vernis incompatible ou une couche trop épaisse. La pièce qui garde une poussière blanche logée dans les creux n'a pas été rincée après le ponçage à l'eau : un passage sous l'eau claire, suivi d'un séchage complet avant vernis, évite ce défaut qui se voit surtout à contre-jour.
La fiche, éprouvée
Le ponçage à l'eau par grains croissants et l'incompatibilité connue de certains vernis avec certains plastifiants sont des règles d'usage chez les modeleurs de pâte polymère ; la table ajoute son geste d'atelier, le passage systématique sous l'eau claire avant tout vernis, né des pièces reprises pour une poussière mal rincée.

